SOURCES CHRÉTIENNES
No 397
ÉVAGRE LE PONTIQUE
SCHOLIES A L'ECCLÉSIASTE
eDITION
PRINCEPS DU TEXTE GREC
INTRODUCTION, TRADUCTION, NOTES ET INDEX
PAR
Paul GÉHIN
Agrégé de l'Universilé
Chargé de recherche au C.N.R.S.
Ouvrage
publié avec le concours
du Centre National de la Recherche Scientifique
LES ÉDITIONS DU CERF, 29, BD DE LAToult-MAutioultn, PARIS
1993
1 publication de cet ouvrage a été préparée avec le concours de l'Institut des «Sources chrétiennes»
(URA 993 du Centre National de la Recherche Scientifique)
(C) Les Éditions du Cerf, 1993 ISBN '2-204-04873-9 ISSN 0750-1978
C'est par un article publié en 1979 dans la revue Byzanlion sous le titre : «Un nouvel inédit d'Évagre le Pontique : son commentaire de l'Ecclésiaste» que nous avons fait connaître notre découverte des Scholies à l'Ecclésiaste d'Évagre dans les rnanuscriLs Coislinianus 193 el iviron 535. Celle-ci a révélé que la reconstitution du Commentaire d'Évagre à partir du Commentaire d'Olympiodore effectuée par Urs von Balthasar en 1939 (ff !liera», p. 203-204) était sans fondement : aucun des textes présentés comme évagriens par le savant théologien ne figurait en effet dans notre collection de scholies. La découverte bousculait aussi les positions adoptées au sujet des chaînes à l'Ecclésiaste par deux professeurs de Messine, S, Leanza et, A. Labate, et mettait en évidence le caractère prématuré de leurs premières publications.
Grâce à nos deux témoins manuscrits, nous accédions a l'une des principales sources des chaînes connues. La Colledio Coisliniana pouvait dès lors, dans un domaine aussi complexe que celui des chaînes exégétiques, où nombre de maillons ont disparu et où les erreurs d'attribution se multiplient si rapidement, servir de pierre de touche — et non de «lit de Procuste», comme l'a dit si aimablement le Pr. Leanza r — pour apprécier la valeur et le degré de fiabilité des chaînes en question.
Si l'authenticité évagrienne de ces scholies a été immédiatement reconnue par les spécialistes d'Évagre et par l'éditeur de la Catena trium Paburn, Santo Lucà, elle n'a cessé d'être mise
S. LEANZÀ, « Pour une réédition des Scolies à l'Ecclésiasle de Denys d'Alexandrie», in PAÂceomepîver, Mélanges offerts à Claude Mon-désert, s.j., Paris 1987, p. 213 et. n. 29.
(ui doute par nos collègues de 'lessive 1. Nous voudrions rappeler brièvement que celte authenticité s'appuie :
1) sur des éléments externes : voisinage des Scholie.9 aux Proverbes dans l'Iviron 555; attribution explicite à Évagre de plusieurs de ces scholies dans un témoin de la chaîne de Procope (le 1ns. Rcerberini) el d'une scholie isolée insérée dans le Commentaire d'Olympiodore.
2) sur des éléments internes : nombreux parallèles, parfois littéraux, avec le reste de l'oeuvre d'Êva.gre ; renvoi explicite aux Scholies aux Proverbes dans la scholie 14; même façon particulière de citer certains versets scripturaires (cf. schol. 5, 24, 25, 47); lexique et doctrine caractéristiques. Nous espérons que le commentaire que nous donnons en note à chaque scholie contribuera. à dissiper les derniers doutes.
I. Voir en dernier lieu A. LAnATE, pré.f. l'éd. de la IGniena flan‑
niensis, p, x, ni 7, p. p. xxvi, ri. 76, p. xxxvii-xxxviii.
INTRODUCTION
J r PIT
L'INTERPRÉTATION D LIVRE BIBLIQUE
L LA
PLAGE DE
L'ECCLÉSIASTE
DANS I.."(EUVRE raVAGRE
Ce livre biblique difficile, au style si particulier',
aussi déconcertant pour un esprit grec que pour un
esprit chrétien, occupe une place modeste dans l'oeuvre
d'Avagre connue de nous. On relève en tout et pour
tout un peu moins d'une trentaine de citations ou
d'allusions :
Antirrhétique Treize d'entre elles se trouvent
dans isAntirrhélique, volumineux
recueil de citations scripturaires à opposer aux diverses
mauvaises pensées qui se présentent à l'esprit. Les tex‑
tes bibliques sont classés selon les huit vices princi‑
paux I (gourmandise), II (fornication), III (avarice),
Nolis gidopLons la theme la plus répandue sel un k texte
de 11.2..rxiii,i:$iane qui u pris place dans la Septante est 1 t.rtuluction (l'AquiIa„ Voir D> 3A19T111 LEMY., 1,AS devaneiers deAquiial Leyde 1963, p. 32-38. Sur Aquila, qui vécut sous I koJrien, et sur sa méLhode de
traduction, voir l'Alti,-
DOI.i:V AL- MUN NicH,
La
grecque des Sep‑
tante,
p,
143-147
(partie due à O. Munnich)
10 INTRODUCTION INTERPRÉTATION DU LIVRE BIBLIQUE 11
IV (tristesse), V (colère), VI (acédie), VII (vaine gloire),
V1I1 (orgueil). Chacun des textes constitue la réponse
(ii7r6xpi.crg) ou la réplique (ivrÉpp-latç) appropriée suscep‑
tible de repousser une mauvaise pensée donnée. Êvagre
cite dans la préface à cet ouvrage le texte crEcci. 8, 11
qui contient précisément le mot avrÉppylatç. Donnons
quelques exemples de cette utilisation antirrhétique de
l' Ecclésiaste : Eccl. 3, 11 (Tout ce qu'il a fait est bon en
son moment») sera opposé à la pensée qui conseille de
boire du vin en dehors des périodes de maladie, sous
prétexte que le vin n'est pas mauvais en soi (Anlirrhé‑
ligue I, 35) ; Eccl. 7, 2 («Mieux vaut aller à une maison
de deuil qu'aller à une maison de boisson») chassera la
pensée qui rappelle les mauvaises habitudes d'autrefois,
notamment en matière de boisson (Anlirrhélique I, 36);
Eccl. 5, 9 (Celui qui aime l'argent ne se rassasiera pas
d'argent; et on a aimé un produit dans son abondance.
Cela aussi est vanité») sera dirigé contre l'avarice qui
invoque des motifs louables de posséder de l'argent
(soin des frères, achat de livres saints) (Antirrhélique III,
35)1.
Commentaires Dans les autres commentaires
bibliques bibliques d'Évagre, Scholies aux
Psaumes et aux Prouerbes, nous
n'avons relevé jusqu'à présent que huit citations ou
1. Autres textes ul.ilis s : Ei7c1. 1, 2, contre les pensées qui rernémurent le mode de vie antérieur (Ill, 34) %I. 3, 7, contre la pensée qui fait parler ou garder le silence a contre-temps (VII, 21); &ci. 3, 20, contre ]es pensées qui font se prévaloir de la notoriété familiale (VIII, 37); Eccl. 7, 4, contre les pensées qui rappellent le souvenir de la maison (11, 40); &cf. . 7, 9, contre la pensée de colère dirigée contre les frères (V, 29); Eec!. 7, 16, contre la tentation d'une ascèse trop rigoureuse (1, 37) ; &el. 7, 20, contre la pensée d'orgueil qui montre les péchés (les frères (VIII, 38); Ecci. 10, 4, contre I'à'rne victime de tentations impures et qui ne cherche pas à les chasser par l'ascèse et la prière (II, 41); Re!. 11, 10, contre Ilàine qui ne veut pas supprinie.r les causes de colère (V, 30).
allusions. Eccl. 1, 13 reçoit dans la scholie 20 ad Ps. 77,
49 le même commentaire qu'ici (schol. 4), Le plus inté‑
ressant est de trouver dans les Scholies aux Psaumes un
commentaire pour des versets qui n'ont pas retenu ici
l'attention de l'exégète :
Eccl. 1, 4 (Une génération va et une génération
vient») est commenté dans la scholie 17 ad Ps. 21, 31 :
la génération est celle de la vertu ;
Eccl. 10, 4 («Si l'esprit de celui qui a le pouvoir monte
vers toi, ne lui laisse pas de place»), dans la scholie 5 ad
P. 16, 11 : il est conseillé de ne pas abandonner la
vertu pour laisser place à un vice présenté par le
démon ;
Ecoi. 11, 2 (« Donne la part aux sept et aux huit»),
dans la scholie 5 ad Ps. 78, 12 : le chiffre sept est, dit
représenter la vie présente, et le chiffre huit la vie
future;
Eccl. 12, 12 Polon fils, évite de composer plusieurs
livres»), dans la scholie 8 ad Ps. 39, 8 (« En tête du livre
il a été écrit à mon sujet») : les deux textes font valoir
l'unité de Ilgcriture opposée à la multiplicité des livres
païens ; il y a là un souvenir évident d'Origène (Philo‑
calie 5, 2).
Autres Sept citations ou allusions appa‑
écrits raissent dans le reste de l'oeuvre
En Gnostique 20, Eccl. 1, 5 (Le
soleil se lève, se couche et retourne en son lieu») est
donné comme exemple de texte parlant de la nature qui
conserve dans une interprétation symbolique son sens
physique, mais Évagre a omis de préciser l'interpréta‑
tion qu'il en aurait donnée.
Il semble bien qu'il y ait une allusion à Eccl. 1, 7
(iiTous les torrents vont à la mer») dans cette partie de
la Lellre à Mélanie (Frankenberg, p. 618, 1. 13) qui
évoque le retour des natures raisonnables dans la mer
de la Divinité.
12 INTRODUCTION
&cl. 2, 141-2 est cité en KG 1, 72 sous une forme édul‑
corée, notamment en ce qui concerne le premier élé‑
ment du verset.
Ecci. 3, 11 ((i Et il a donné le siècle à leur cœur ») reçoit
en Pensées 16 (PG 79, ch. 17, 1220 B-D) un commen‑
taire voisin de celui qui est donné ici (schol. 15).
En Gnosiique 25, Eccl. 8, 8 ((d Il n'y a pas de délégation
au jour de la guerre ») illustre le conseil donné au maître
spirituel de ne pas délivrer les paroles pacifiques de la
science à ceux qui sont encore combattus par les pas‑
sions.
Eccl. 11, 10 (‹i Éloigne la colère de ton coeur et, conduis
la malignité loin de La chair) est cité en Pensées 4 bis
(PG 79, ch. 5, 1205 C) dans un petit dossier de textes
relatifs à la colère, et commenté eu KG VI, 84 de la
même façon que dans la scholie correspondante
(schol. 72).
Enfin ccl. 12, 3 (Le jour où seront ébranlés les gar‑
diens de la maison») est préenté en KG 11, 50 ce_u-nrne
une annonce eschatologique.
II. LA MÉTHODE EXÉGÉTIQUE
Le genre exégétique auquel appartient le commen‑
taire dSvagre est celui des scholies, ainsi qu'il est pré‑
cisé dans la scholie 42. Il se caractérise par la disconti‑
nuité (tous les versets ne sont pas commentés) et par la
brièveté (sans doute commandée par des contraintes
matérielles)'. On notera cependant que la proportion
des scholies longues est ici plus importante que dans les
1. La 1ongui9ur des scholies dépend de la place: qui est, disponible
dans les marges glu l'exe_mplairc biblique sur [c quelselles :sont portées.
INTERPReTATION DU LIVRE BIBLIQUE 13
autres commentaires : 13 scholies sur 73 ont plus de
10 lignes, alors qu'on n'en comptait que 23 sur 382 dans
les Scholies aux Proverbes, Cette longueur inhabituelle
tient en grande partie à la nature du texte biblique qui
ne se laisse pas toujours découper en petites unités, par
exemple en distiques, comme c'est le cas des Proverbes,
ou encore des Psaumes. Évagre commente donc parfois
des groupes de versets assez importants
schcd. 15-16 ad Eeel. 3, 10-13 commente l'Ensemble du
passage dans la scholie 15, puis revient. sur "exégèse du verset. 111 dans la scholie 16.
Schol. 21-22 ad Ecd 3, 19-22 : il commente l'ensemble dans une pren-Liére scholie, puis revient sur le verset 21' dans la seconde. Schol. 38 ad &cf. b, 7-11 Évagre groupe 5 versets qui n'ont pas de lien entre eux. 11 est intéressant de suivre la progression du commentaire : I. l-4 sur le y, 712; 1. 4-6 sur les v. 72-81;1. 7-16 sur les v. 82-11 ; I. 16-21 retour sur le y. 82; 1. 21-25 retour sur le v. 81 I. 25-27 retour sur' le v. 73-4. Comme nous l'avons déià noté plus haut, l'exégète donne d'abord un commentaire suivi de l'ensemble, puis revient. sur certains points particuliers. Nous suivons ici Ce double mouvement. : la epéricope» est parcourue du début à la fin, puis à rebours de la lin au début.
Schol. 42-4h ad Eccl. 5, 17-19 Évagre rassemble d'abord. tous les termes de ces versets qui sont susceptibles de désigner dans une interprétation symbolique la gnose, puis il revient dans les trois scholies suivantes sur des versets particuliers. La scholie 43 commente le ipf, 18; la scholie 44 1.e 1.0. 19 en entier; la scholie 45, plus spécialement, un mot du v. 192.
Salol.. 46-47 ad &cl. 6, 1-6 : dans la scludie 46, Évagre distingue dans cet ensemble introduit par le y. 1 deux képholaia : le premier comprend le verset 2 et le second les versets 3-6. La scholie 47 est plus particulièrement consacrée au verset 2-
Schol, 51 ad Eecl. 6, 9 : la formule récurrente cg Et ceci est. vanité et choi-x. de l'esprit» est considérée comme une Formule de conclusion pour les versets 6-9. Selon une habitude déjà constatée, Évagre parcourt, donc ces versets en sens inverse, il note que la vanité rie saurait s'appliquer à tous les éléments des versets précédents et qu'il convient de bien raire parmi eux le départ entre ce qui est .010u.ablel. et çf qui est. gibl.à,mable», On observera que le comment ieur n'a établi un lien entre les versets 7-9 et le verset 6 qu'a posteriori.
— Schol. 56 ad Fein. 7, 3-7 ; Évagre commente en une seule scholie cinq sentences dont quatre ont Irait au rire.
Les quelques remarques qui précèdent révèlent les
difficultés rencontrées par les commentateurs pour
découper le texte biblique de l'Ecclésiaste, et par
Évagre en particulier. Dans bien des cas, verset ou dis‑
tique continuent à être. considérés par lui comme des
unités significatives ; pourtant des groupements plus
importants font leur apparition, qui obligent l'exégète à
opérer des va-et-vient dans le texte, et à préciser dans
un second temps des points né.gligés lors d'une première
lecture globale du passage 1.
La longueur de certaines péri open et la difficulté
propre au texte expliquent la relative fréquence de. Pin‑
el se irilai.(v), qui renvoie au tex te scripturaire
commenté Placée en début de scholie, l'incise en ques‑
tion a. presque toujours le sens de «vouloir dire»; elle est
associée à une récriture du verset qui rappelle dune
certaine façon la pratique des targurns Ï l'exégète ne se
contente pas d'élucider le texte, mais substitue aux
termes bibliques importants leurs équivalents symbo‑
liques. Prenons deux exemples+ dans lesquels la
r+ matièrebiblique» est, indiquée en italiques
&ci. 3, 10 : ieu l'occupation que Dieu a donnée
ULM fi l8 de HWITIMe pour gitlj US S'y occupee
Schola lb (1. 1-3) : «J'ai teu, dit-il, les objets sensible occuper la pensée de l'homme, objets que Dieu a ÉL0FiriéS aux hommes avant leur purification pour qu'il s'y occupent,»
Ecei. 4, 4 : Jerl moi, j'ai vu &mie la fat igue
el kule la force virile de la créagure.
SchoL 2-5 (I. 1-2) : «J'ai ou, dit-il, /mie la malice el le Malin qui y développe a force virile,» Dans ta scholie, le me {g malice» a été substitué à e fatigue», et le mot «Malin à «créature».
INTERPRÈ'TATION DU LIVRE BIBLIQUE 15
Dans le cours d'une scholie longue, le mot ignal a pour
fonction de marquer le [Letour au lemme biblique que le
commentaire a pu faire perdre de vue'. Dans ce cas, le
texte biblique peut être cité sous une forme littérale ou
sous une forme paraphrasée.
Évagre semble avoir éprouvé quelques difficultés
avec ce livre qu'à l'évidence il connait mal. Il semble
découvrir le texte au fur et à mesure qu'il le commente,
ce qui explique le caractère chaotique de certaines scho‑
lies longues. On notera qu'il ne commente l'expression
npoixipEŒ4 nve4r.etoç qu'à sa troisième apparition
(schol. 10), que les renvois à d'autres passages du livre
sont exceptionnels. La lassitude semble le gagner à par‑
tir du chapitre 9 (selon la division de nos éditions) ; les
scholies se raréfient, deviennent de plus en plus courtes,
et le commentaire s'arrête brutalement à Ecci. 11, 10,
négligeant le chapitre 12 considéré pourtant, de l'avis
générai, comme le plus beau du livre 2.
Les particularités mises en valeur précédemment. ne
suffisent cependant pas à dépayser quiconque connaît
les autres commentaires bibliques d'vagre. Nombreux
sont les parallèles avec les Scholies aen: Proverbes et aux
Psainnes On retrouve ici le goût cl'Évagre pour les défi‑
nitions : le passage du terme biblique à son équivalent
symbolique s'effectue tantôt grâce à la copule krrt., tan‑
tôt par l'intermédiaire de verbes comme ?%kyEL, élvor.ign,
ot,etulcitivn, etc. Outre la forme paraphrastique déjà
signalée, on rencontre les modes d'expression favoris de
l'auteur : pastiches (schol. 50 et 57), syllogismes (3, 11,
17, 19), érolapoirrisis (3). Quelques scholies proposent au
(l, 1). Nous rie parlons nuturellernent pas de celles qui accompagnent les citations d'autres livres bibliques.
1, Le retour au texte biblique est.. aussi souligné par la particule oüv, accompagnée ou non de eincrÉ : cf. sthol+ 6 (1.. 9), 8 (1. 7), 15 (I. 21),
21 (I. 16). 39 (I. 3), 52 (1. 13), i3 (1... 4).
2. Sur l'exégèse patristique du début, de ce chapitre, voir
S.
1_,17...ANzA, i
Eco >
L
1-7
L'initerpretazione escatéologica dei Padri e
degli esegeti medievali Auguslinianum 18 (1978), p. 191-207.
choix deux exégèses (1, 31, 35, 50). On reconnaîtra au
passage quelques tournures familières : brriù'Ocv
i.xvurrou. ed..rt. (12), èvrenee riv.d.)13-xoi.eme 6rt (72), crl‑
ilete.i.rriov 6-n. (8), 7-04d -roiSTo £a cv, 71. (14 et 68), etc.
Ces particularités formelles' ont aussi été un des élé‑
ments qui nous ont conduit à restituer à Évagre les
présentes scholies.
III. CONVERGENCES ET DIVERGENCES
Dans ce livre de la Bible, l'Ecclésiaste porte un
regard désabusé sur tout ce qui se produit «sur cette
terre», «sous le soleil». Il fait l'inventaire des oppres‑
sions, infirmités et maux (o.g. cruxoycerrfe, ippcterricc,
7riyer)pf,cc) qu'il a observés ou reconnus (cf. les verbes staciv
ou ëyvw). L'effort humain (1.t6i0oç), manuel ou intellec‑
tuel, lui semble bien inutile, puisque <de fils d'homme»,
quoi qu'il fasse, retournera à la poussière d'où il a été
tiré et que son sort ne sera guère plus enviable que celui
des bêtes ou de l'avorton. Tout le discours est rythmé
par le mot «vanité» qui résume la pensée de l'écrivain.
Un grand nombre de ces vues s'accordent tout à fait
avec ce que peut penser un moine, comme Évagre, qui a
une vive conscience de la misère humaine et qui porte
un jugement critique sur le monde sensible2.
Cependant, si l'on veut bien y regarder de plus près,
la convergence entre Évagre et l'auteur du livre
biblique est loin d'être totale, ce qui n'est guère éton‑
nant si l'on tient compte de la différence de milieu et
d'époque. Il est intéressant de voir comment notre
moine tempère le pessimisme excessif de l' Ecclésiaste, A
deux reprises, Évagre tente de limiter la portée du mot
INTERPRÉTATION DU LIVRE BIBLIQUE 17
«vanité» dans un contexte donné, pour ne l'appliquer
qu'aux éléments «blâmables» évoqués par le texte
biblique (schol. 14 et 51). Évagre n'est en effet pas prêt
à jeter le discrédit sur l'ensemble des activités
humaines, dès lors que certaines d'entre elles contri‑
buent. à acquérir, non pas des biens périssables, mais les
biens véritables que sont la vertu et la science, ni non
plus disposé à dénigrer ce qu'il estime par-dessus tout,
la science, la connaissance ou la sagesse. Devant la diffi‑
culté représentée par certains versets, Évagre n'a pas
recours à l'artifice de certains commentateurs qui intro‑
duisent une sorte de dédoublement de Qohèleth : pour
les uns l' Ecclésiaste parle tantôt, en son nom propre,
tantôt au nom de quelqu'un d'autre qui s'étonne de
tout ce qui lui arrive ; pour d'autres les propos tenus
correspondent à deux étapes de la vie d'un même per‑
sonnage, et les propos considérés comme inacceptables
sont, alors l'expression d'une manière de voir ancienne 1.
Évagre maintient l'unité du personnage. Pour tourner
la difficulté, il se place dans une perspective dyna‑
mique, comme le montre en particulier son interpréta‑
tion du mot, (i vanité», Est considéré comme vain, non
seulement ce qui est par nature corruptible, comme le
monde matériel et corporel 2, mais aussi tout ce qui est
susceptible d'être à un moment donné dépassé. La
connaissance sensorielle pourra être considérée comme
vaine par rapport à la connaissance plus subtile et toute
intellectuelle des logoi de la réalité (schol. 15). La
contemplation physique, qui est assurément un bien
impérissable, deviendra vaine quand on parviendra à la
contemplation de Dieu, car on sera passé d'une science
imparfaite â une science parfaite, d'une connaissance
indirecte de Dieu à une connaissance- directe (schol. 2).
I. Voir GÉRIN, Scholies aux Prouerbes, Introd., p. 13-23.
2. On pourrait trouver aussi de nombreuses convergences de pensée entre l'Ecclésiaste et Marc Aurèle.
T. Voir E. PonEciimm, L'Ecclésiaste, Paris 1912, p. 26-27.
2. Dans la scholie 4 ad Ps, 38, 6-7, il est dit que la nature corporelle est vanité par rapport à la nature incorporelle.
Loin de provoquer un nivellement général de la réalité,
cette conception de la vanité s'inscrit dans le mouve‑
ment ascendant de la vie spirituelle, qui va de dépasse‑
ment en dépassement 1.
L'interprétation habituelle de l'expression 7rpocdpscrt4
Trvelimiotroç, qui est fréquemment associée a la «vanité»,
apporte aussi une autre modification importante à la
pensée de Qohèleth. A aucun moment,, Évagre ne donne
û ces deux mots le sens qu'avait voulu leur donner le
traducteur (Aquila), c'est-à-dire celui de «poursuite de
vent». I l comprend le mot 7rpocdpecvt4 selon le sens que
lui donne la tradition philosophique grecque, avec par‑
fois une nuance péjorative, celui de «choix préalable»
ou de «préméditation »2 ; quant au mot, n1,1E13[10:1 il entre,
selon notre commentateur, dans la catégorie des mots
qui, comme xccpict ou x6Xr.o, sont censés, selon les
habitudes de langage propres à l'Écriture, désigner
l'âme ou l'intellect (schol. 10, 12, 21, 27 et 8). Il va
sans dire qu'une telle interprétation donne au livre
biblique une dimension volontariste qu'il n'avait pas,
mais qui s'accorde bien avec les conceptions origénistes
de notre auteur, dans lesquelles le libre arbitre joue un
rôle important. La volonté propre qui incline vers le
mal et s'oppose à la volonté de Dieu (schol. 27 et O)
peut, alors être considérée comme l'aspect subjectif de la
vanité objective du monde matériel consécutif à la
chutes.
INTERPRÉTATION DU LIVRE BIBLIQUE 19
On notera aussi comment Évagre s'emploie à écarter
la tentation épicurienne à laquelle cède assez souvent
l' Ecclésiaste. Pour le Pontique, il ne saurait être ques‑
tion dans le livre que de joie et. de jouissance spiri‑
tuelles ; les biens évoqués ne peuvent être que les biens
véritables de la vertu et de la science, et non les biens
matériels'. Le changement majeur apporté non seule‑
ment par Évagre, mais par tous les commentateurs
chrétiens du livre, consiste a introduire l'idée d'un juge‑
ment et d'une rétribution poli morlem, idée qui était
sans aucun doute bien étrangère à Qohèleth, mais qu'un
scribe pieux s'était déjà empressé d'ajouter dans le der‑
nier verset du chapitre 12. Nous aurons l'occasion de
revenir dans la suite sur cette question du jugement.
La lecture que propose Évagre est une lecture philo‑
sophique et spirituelle. Le livre n'alimente pas, comme
c'est le cas chez d'autres commentateurs qui ont des
préoccupations plus pastorales, les habituelles diatribes
contre les diverses vanités qui divertissent et abusent
les hommes, à savoir les richesses, les plaisirs, la beauté
ou encore le pouvoir. Tout au plus trouvera-t-on ici,
dans une interprétation présentée comme littérale, une
attaque assez précise dirigée contre les riches sans
enfants qui amassent pour eux-mêmes et sont d'accès
difficile pour leurs amis (schol. 28).
1. Voir Oniabite, Horn. I in Ps. 38 ix Les choses inférieures sont détruites, quand vient ce qui est meilleur et parfait ; elles sont considérées comme vaines, étant donné qu'elles sont détruites en tant que partielles et imparfaites (PG 12, 1400 B). On reconnaît au début du passager l'allusion à I Cor. 13, 10 : @Quand viendra la perfection, ce qui est partiel sera abrogé.*
2. Pour ne pas alourdir la traduction, nous avons, sauf une fois, laissé de côté Pa,djectif *préalable».
3. Deux scholies aux Psaumes dorment une définition de hi vanité dans laquelle les deux aspects, objectif et subjectif, se trouvent mêlés : *La vanité est un état mauvais de l'àrne raisonnable, dans lequel elle préfère les plaisirs corruptibles et méprise ce qui est éternel et incorruptible* (schol. 2 ad Ps. 143, 4); € Vains sont ceux qui persévèrent, dans les réalités vaines et corruptibles de ce siècle * (schol. 4 ad Ps. 61, 10).
1. II y a sans doute là les vestiges d'une polémique concernant cé livre de la Bible, certains jugeant que l'Ecclésiaste est influencé par l'épicurisme aussi bien dans sa morale que dans sa cosmologie. Dans le commentaire dRecl. 1, 1 (p. 252), JÉRÔME s'en prend aussi à ceux qui pensent que le livre provoque à la volupté et à la luxure. Rappelons que dans une autre perspective, GLÉN1ENT D'ALEXANDRIE (Strom. V, 90, 2) affirme que la doctrine épicurienne du hasard provient d'une
IV. LE LIVRE DE LA «PHYSIQUE»
La scholie 247 ad Prou. 22, 20 avait établi un parallé‑
lisme entre les trois livres attribués à Salomon et les
trois grandes étapes de la vie spirituelle «Celui qui
aura élargi son coeur par la pureté comprendra les
paroles de Dieu qui sont pratiques, physiques et théolo‑
giques, car toute la doctrine de l'Écriture se divise en
trois parties : éthique, physique et théologie ; et les Pro‑
verbes se rapportent à la première, l' Ecclésiaste à la
seconde, le Cantique des cantiques à la troisième'. »
Est-ce a dire que le livre de l'Ecclésiaste ne devra
recevoir qu'une interprétation «physique»? Certaine‑
ment pas. Le fait de reconnaître que tel livre biblique a
un skopos particulier n'implique pas pour notre auteur
que tout le livre doit être interprété dans une perspec‑
tive unique et qu'il faut chercher à tout prix, moyen‑
nant, divers tours de force, à découvrir un sens conforme
à cette visée. La lecture des Scholies aux Proverbes nous
a déjà montré qu'Évagre ne sien tenait pas alors exclu‑
sivement à une interprétation morale de nombreux
versets renvoyaient, à la gnose, ou plus précisément à la
physique et à la théologie. Le chapitre 20 du Gnostique
recommande d'ailleurs au commentateur de considérer
chaque verset en lui-même, indépendamment de la
mauvaise compréhension de la doctrine de Qohèleth (voir ci-dessous, notea la scholie 36).
1. Pour l'origine de ce parallélisme, voir la note à la scholie 247, et les deux articles suivants S. LEANZA, «La classificazione dei libri Salomonici e i suoi rifiessi sella questions dei rapporti tra Bibbia e scienze profane, da Origene agli scrittori medievalie, Augusfinianum 14 (1974), p. 651-666 M. HARI., gLes trois livres de Scdoinon et. les trois parties de la philosophie dans les Prologues des Commentaires sur le Cantique des Canliques (d'Origène aux Chaines exégétiques grecques», in Texte und Terikri!iir (Tif 133), Berlin 1987, p. 249-269,
INTERPRÉTATION DU LIVRE BIBLIQUE 21
visée générale du livre, pour en déterminer d'abord le
contenu littéral (moral, physique ou théologique) et
ensuite le contenu symbolique ou spirituel, qui ne se
situera pas nécessairement au même niveau que le sens
littéral c'est ainsi qu'un texte traitant de la nature
pourra très bien recevoir une interprétation morale ou
théologique, ou tout simplement conserver une signifi‑
cation physique. Ce type d'interprétation pluraliste se
perpétuera jusqu'à Olympiodore, un commentateur du
vie s. Les propos que ce dernier tient dans la préface a
son Commentaire de l' Ecclésiaste (PG 93, 477 C-479 A)
reflètent très exactement le point de vue et la pratique
d'Évagre r après avoir repris le parallélisme entre les
trois livres salomoniens et les trois étapes du progrès
spirituel, Olympiodore déclare qu'il est possible de trou‑
ver un enseignement sur l'éthique dans l' Ecclésiaste, un
enseignement physique dans les Proverbes, ou encore
un enseignement sur les intelligibles dans les deux livres
mentionnés ; seul le Cantique des cantiques serait tout
entier consacré aux intelligibles'. Ces précisions appor‑
tées, on reconnaîtra toutefois que l'interprétation phy‑
sique occupe une place de choix dans ces scholies. On y
trouvera un certain nombre de considérations sur la
«nature». Il ne faudrait.. cependant pas se méprendre sur
le sens des mots. Cette «physique» ne s'attache pas à
étudier scientifiquement les phénomènes naturels; elle
est au contraire fortement spiritualisée et se donne
comme radicalement distincte de la sagesse profane,
que le Sauveur a frappée de folie (schol. 27). La « phy‑
sique» évagrienne s'applique à saisir l'aventure spiri‑
tuelle de l'ensemble des «natures raisonnables» (o
Xoyi.xcd p6crELÇ).
1. Concernant ce dernier point nous ne connaissons pas l'opinion d'gvagre, car il n'a pas commenté le troisième livre de la • trilogie salomonienne», le Cantique des cantiques.
22 INTRODUCTION
La contemplation naturelle a comme objet immédiat
le monde présent : cf. le commentaire d'Eccl. 3, 11 (« Et
il a donné le siècle à leur cœur») dans la scholie 15. Elle
permet d'estimer à sa juste valeur le monde matériel et.
sensible dans lequel l'homme a été placé après la chute,
un monde qui n'est pas mauvais en soi, mais tout sim‑
plement indifférent. : tout dépend de l'usage qui en est
fait (schol. 16). D'un certain point de vue, ce monde
constitue même un véritable don de la providence
divine, car il met l'Une déchue à l'abri des créatures qui
sont encore descendues plus bas qu'elle dans l'échelle
des êtres, c'est-à-dire les démons et le diable. Les
occupations (rcsiat,o-nccap.o01 et les pensées qui absorbent
les hommes (se nourrir, soigner ses enfants, exercer un
métier, gagner de l'argent pour subvenir aux besoins
d'une famille, etc.) sont dans un premier temps tout à
fait salutaires, en ce qu'elles les protègent des sugges‑
tions mauvaises des êtres inférieurs. Elles ont cepen‑
dant, un caractère temporaire, car elles ne corres‑
pondent pas à la vocation véritable de l'homme.
Celui-ci doit en effet comprendre que le temps présent
constitue pour le pécheur qu'il est l'occasion unique
(xottp6ç) de se corriger et de parvenir au plein épanouis‑
sement moral (schol. 63 et 70). La pire chose qui puisse
lui arriver est que la mort physique le surprenne alors
qu'il est encore spirituellement. mort (schol, 63). Monde
intermédiaire, le monde humain est donc à la fois une
protection contre des êtres davantage déchus et une
occasion de progresser spirituellement.
Dès lors qu'il aura acquis une certaine pureté,
l'homme ne pourra plus se satisfaire de la connaissance
INTERPRÉTATION DU LIVRE BIBLIQUE 23
superficielle et limitée des choses (la connaissance sen‑
sible : câ r& Pd ccizOripEoav xcc.-:ctv6-ticrtiç), mais il tendra
vers une connaissance plus subtile de celles-ci, celle de
leurs raisons el des principes rationnels qui ont présidé
à leur existence (on ?oiyof.). Se détachant de plus en plus
du monde sensible, il prendra alors pleine conscience de
la vanité de celui-ci et de son caractère éphémère et
corruptible, i 1 se rendra compte que ce monde sensible
était, une prison (schol. 33) et l'ombre (crxvi) de la réalité
(schol. 52). Au delà des apparences sensibles, il décou‑
vrira la sagesse du créateur en action dans le monde et
les êtres (el la sagesse pleine de variété» d' phés. 3, 10 :
schol. 18). En lui, dans son intellect, se constituera alors
un monde qui le frappera d'étonnement (schol. 2), et
qui n'est autre que le royaume des cieux promis par les
béatitudes (schol. 19), ou ce royaume intérieur évoqué
par le Christ en Luc 17, 21 (schol. 15). Ce monde inté‑
rieur, dont l'existence lui était caché quand il était
encore sous l'empire des passions, formera cette
«Église» qui est suggérée par le titre même de l'ouvrage,
une église intelligible, constituée des différents logo! ou
Ihéorérnala qui se révèlent à lui (schol. 1 et 2)1.
Son attention se portera particulièrement sur les logoi
du jugement et de la providence. La contemplation du
jugement fera apparaître que les différents ordres de
créatures (anges, hommes et démons) ne sont pas le pro‑
duit de la volonté arbitraire d'un démiurge partial — il
n'y a pas de r poacoroX-eicc auprès du Créateur : cf.
Rom. 2, 11 ; Épilés. 6, 9 —, mais qu'ils sont issus d'un
juste jugement qui n'a fait que sanctionner l'inclination
de leur libre arbitre (schol. 52). Il n'est dès lors pas
4
1. Le verbe 7tcptcuraceoct et le substantif Trepecuroacrkuk sont les termes les plus caractéristiques du livre de l' Ecclésiaste. Ils désignent ces occupations qui absorbent totalement les hommes. Pour un emploi similaire, voir Luc 10, 40 où il est dit que «Marthe était absorbée (TccfnecrnEiTo) par les multiples soins du service».
1. Dans Le même sens, la scholie 291 ad Pm,. 24, 27 parle d'un champ intelligible constitué des dogon` de ce monde, champ dans lequel seuls les coeurs purs peuvent, entrer. Ailleurs il est question d'un emonde intelli ih1e.a 'G V, 41) ou d>4xun monde constitué dans la pensée» (Skernmata 14, 38 et 39),
d
INTRODUCTION
question de contester les décisions de Dieu (cf. Jér. 12,
11 schol. 67). L'homme ne peut se plaindre d'avoir été
joint à un tel corps et de n'avoir point été fait ange.
Évagre reprend les mots employés par saint Paul en
Romains 9, 20, qui mettent un terme à toute contesta‑
tion : «Comment l'être façonné dira-t-il à celui qui l'a
façonné : Pourquoi m'as-tu fait ainsi? Comment répli‑
quera-t-il a Dieu ?» Chaque créature a reçu un nom qui
lui est, propre et qui correspond a son état spirituel
(schol. 52).
Les lamentations ne sont pas de mise non plus devant
le désordre apparent du monde présent, un monde dans
lequel le plus fort opprime le faible, la justice est
bafouée, le juste échoue et l'inique réussit. Certains évé‑
nements malheureux qui se produisent, dans lesquels la
créature semble totalement abandonnée de Dieu, ne
sont d'ailleurs pas dépourvus de signification : ils visent
à châtier et à faire revenir à de meilleurs sentiments les
méchants, ou bien à mettre en valeur et, à renforcer la
vertu des justes qui deviennent alors pour les autres des
modèles vivants (sur ces différentes formes de dérélic‑
tion, cf. schol. 4, 37, 61, et naturellement Gnostique 28).
En dépit des apparences, ce monde n'est pas livré au hasard (ccùToi.,tancrp.6ç), mais régi par la providence
divine qui s'exerce par l'intermédiaire des saints anges
(schol. 38) : c'est à eux en effet que Dieu a confié les
différentes nations (cf. Deui. 32, 8 : ibidem) et chaque
homme en particulier (doctrine de l'ange gardien
schol. 30-31). Les événements (arset criyvcverhilizTa) heureux
ou malheureux qui semblent frapper indifféremment,
chaque homme ne permettent assurément pas de dési‑
gner clairement les justes et les méchants (cf. le verbe
8Lcuytyvétiaxecv de la schol. 21, qui fait écho au verbe
aLotxptven• présent en cci. 3, 18), et le succès des impies
peut en décourager et en abuser plus d'un (cf. Ps. 72,
2-3 : schol. 62 et 67). A la question : «Quelle supériorité
a l'homme sur le bétail?», l' Ecclésiaste répondait :
INTERPRÉTATION DU LIVRE BIBLIQUE 25
«Aucune, car tout est vanité». En ajoutant â la réponse
l'adverbe vCiv, Évagre modifie la perspective et introduit
une idée absente du livre biblique (schol. 21) : la situa‑
tion qui prévaut actuellement disparaîtra lors d'un nou‑
veau jugement qui mettra fin au siècle présent, et inau‑
gurera le «siècle à venir». Au cours de ce jugement, tout
deviendra évident et manifeste (cf. ipavEpoi3v de la scho‑
lie 20 et yvd4it[Loç de la scholie 21); chacun rendra des
comptes et sera rétribué selon ses actes (schol. 20 et 38).
Ceux qui n'auront, pas su saisir l'occasion offerte dans le
monde présent. et qui auront persévéré dans la malice et
l'ignorance n'auront pas la possibilité de faire marche
arrière et de revenir ici-bas pour y pratiquer le bien
(schol. 21). lls seront livrés à un châtiment cruel, et le
«bon maître» à qui sera confiée leur rééducation sera
chargé de faire disparaître toute la perversité qui sub‑
siste encore en eux (la scholie 14 renvoie explicitement
aux Scholie aux Proverbes où ce thème a été amplement
développé ; voir aussi la scholie 17, où il est affirmé que
le mal n'est pas éternel).
Dépassant le monde limité des êtres humains et cette
vie présente, le contemplatif embrassera aussi de son
regard la multitude des «siècles», ceux qui ont été pro‑
duits et ceux qui le seront (cf. schol. 19 : X6yoL. Teà'y
yeyov6Twv xc. ycvncrotlévüe, ŒW.vvc.ov). Il possédera «la
science véritable des siècles et des mondes» (schol. I) ; il
connaîtra «les raisons des siècles et des mondes»
(schol. 2). Les perspectives sont autrement plus vastes
que celles que propose Qohèleth, dont les réflexions sur
le temps se ramènent au constat banal qu'il n'y a rien
de nouveau sous le soleil et que les mêmes événements
ne cessent de se reproduire indéfiniment (Ecci. 3, 15).
Pour Évagre, au contraire, l'histoire tend vers une fin
(T& o) bienheureuse et elle verra, à travers plusieurs
siècles (Gti,(7)vcç), le retour de tous les êtres à leur condi‑
tion originelle. Le contemplatif saisira en même temps
la grande variété des créatures. La scholie 24 évoque
certains êtres qui n'ont pas connu le mal, «qui n'ont pas
connu la peine mauvaise déployée par les oppresseurs
de ceux qui sont sous le soleil», et qui peuvent être aussi
bien les êtres premiers que les anges. Le plus souvent, il
est question des êtres postérieurs à la chute, répartis
dans trois mondes différents (angélique, humain et,
démoniaque), et qui sont habituellement, désignés par le
terme de yeyov6To: (voir index). L'homme, qui occupe
une position intermédiaire, se trouve soumis aux
influences contraires des démons et des anges qtii l'en‑
tourent.
Certaines scholies évoquent, un au-delà de la contem‑
plation physique : la science de Dieu lui-même ou la
science de la sainte Trinité. Face à cette contemplation
supérieure, la contemplation physique apparaîtra aussi
vaine que le sont, les médicaments chez quelqu'un qui a
recouvré une totale santé (schol. 2). Cette vision de
Dieu suppose le détachement du sensible (schol. 44) et
le dépassement de tous les concepts (r& voturm
schol. 3). L'exercice de cette contemplation n'est d'ail‑
leurs pas sans danger pour l'homme et, dans son
commentaire d'Ecci. 5, 1-2 consacré à la prière et aux
voeux, Évagre met en garde contre le manque de pru‑
dence dont on pourrait faire preuve à ce stade élevé de
l'activité spirituelle. La faiblesse de la condition
humaine ne permet pas de « tenir un discours sans erreur
sur Dieu, qui est parmi les intelligibles et échappe tota‑
lement aux sens» (schol. 35). La scholie S avait déjà
indiqué les limites imposées par notre condition à la
science : ily était question de «toute la science qui peut
naturellement survenir dans une âme liée au sang et à la
chair». Évagre ne distingue pas toujours nettement
entre le destin personnel de chaque homme et le destin
collectif des êtres raisonnables. Les résultats acquis par
l'homme demeurent précaires, étant donné le caractère
versatile de sa nature (schol. 31). Nul n'est à l'abri de
cruelles rechutes, même le spirituel le plus éprouvé
INTERPRÉTATION ou LIVRE BIBLIQUE 27
(schol. 36, 43, 46 et 60). L'union à Dieu ne sera parfaite
et définitive qu'à la fin des temps, quand les natures
raisonnables auront atteint le terme (-7é.Xo) fixé, qui
n'est autre que la béatitude promise dans le Sermon sur
la montagne (schol. 55), quand elles auront quitté ce
qu'elles avaient de féminin et d'enfantin et seront par‑
venues à la pleine maturité virile qui les rendra dignes
d'être recensées dans le Nombre de Dieu (schol. 6). C'est
alors que se réalisera la prière de Jésus : Donne-leur
d'être, eux aussi, un en nous, comme toi et moi sommes
un, Père (formulation plus dense de Jean 17, 21-22), et
que « Dieu sera tout en tous» (cf. I Cor. 15, 28).
Pour terminer, il convient de souligner le rôle essen‑
tiel que joue le Christ dans cette grande aventure du
salut. Par sa venue sur terre, il est venu bouleverser
l'ordre ancien dans lequel les démons avaient, le dessus
(schol. 23). Le Christ est le dispensateur de la science, il
est l'« Ecclésiaste » de cette glise intelligible dont nous
avons parlé plus haut (schol. 1) ; c'est lui qui élève à la
dignité de fils adoptifs (schol. 28). Sans lui, il est impos‑
sible d'avoir part à la vertu et à la science, que symbo‑
lisent sa chair et son sang (schol. 13), et d'être saisi par
la ferveur de l'Esprit (schol. 29).
Avec de telles vues nous sommes loin de ce que pou‑
vait imaginer Qohèleth. Ce dernier ne considérait que le
monde présent. L'idée d'un jugement et d'une rétribu‑
tion lui étaient étrangères. lvagre propose au contraire
une histoire cosmique d'une ampleur que l'auteur
biblique n'aurait jamais pu soupçonner et dont l'issue
heureuse s'accorde ma] avec le pessimisme et le scepti‑
cisme que ce dernier affichait. Voilà bien un tour de
force que seule pouvait réaliser l'exégèse symbolique
découvrir dans un livre aux perspectives somme toute
assez réduites les traces d'une histoire grandiose et
généreuse du salut.
CHAPITRE II
LA TRADITION MANUSCRITE DES SCHOLIES
La collection de 73 scholies que nous éditons ici cor‑
respond à la série qui est présente dans le Coislin 193.
Nous ne saurions affirmer qu'elle représente la totalité
du commentaire d'Évagre. Cependant notre étude des
chaînes exégétiques à l'Ecclésiaste ne nous a pas permis
de découvrir de nouveaux fragments cl'Évagre d'une
authenticité incontestable. Bien au contraire les quel‑
ques textes supplémentaires mis par telle ou telle chaîne
sous son nom ont toute chance d'être inauthentiques ;
nous reviendrons sur la question à la fin du chapitre.
L MANUSCRITS DONNANT LE TEXTE
ORIGINAL
A : Codex Parisinus Coislinianus 193. xie siècle,
parch., mm 282 215, ff. 1I. 267 (-f- 1918), 24 lignes'.
Les scholies d'Évagre forment la seconde pièce de cet
important recueil de mélanges, dont nous avons donné
récemment une analyse détaillée2. Elles apparaissent,
aux folios 16v-33 sous le titre : Exata Eiç TÔV
1, R. DEVREESSE1 Le fonds Coislin, Paris 1945, p. 168.
2. P1 GÉHIN, g Un recueil d'extraits patristiques : les Miscellanea Cois/iniana (Parisinus Coislinianus 193 et Sinailicus gr. 461)», Revue d'Histoire des Textes 22 (1992), p. 89-130.
'ExxXilatcwinir, Anonymes, elles alternent avec des
leçons hexaplaires facilement. repérables. A l'origine,
quand pour un même verset on avait une leçon hexa‑
plaire et une scholie, la seconde était introduite par
fIXXioç ; quelques-uns de ces ÉcXXoç ont subsisté (avant
schol. 2 ad Ecci. 1, 2; 4 ad Eut. 1, 13 ; 50 ad Ecel. 6, 9 ;
64 ad ccl. 7, 18); la plupart du temps, leçon. hexaplaire
et scholie se trouvent réunies (ad &ci. 3, 1 ; 4, 5.14 ; 5,
1-2.12 ; 7, 1.15) ; on notera toutefois que le terme 6:XXoç
qui scinde la scholie 35 ad &ci. 5, 1-2 a une autre fonc‑
tion puisqu'il introduit une seconde interprétation du
verset 1.
Codex Sinailictis gr. 461. Vers 1425, pap.,
mm 274 197, ff. 200 H- 129 B). Dl 2 col., 37 lignes'.
Le volume est mutilé, et, certains folios sont déplacés.
Les scholies originellement placées en tète du volume se
trouvent à présent rejetées à la fin, aux folios 193-196v.
Elles commencent mutilées par les mots 9(74 xott
(schol. 42,1. 3). Le manuscrit du Sinaï qui est une copie
très fidèle du manuscrit Coislin n'apporte rien à l'éta‑
blissement du texte, et nous n'en avons pas tenu comp‑
te dans l'apparat critique.
B : Codex Iviron 555 (= Athous 4675). xlve s., pap.3.
Ce manuscrit offre un premier choix de scholies aux
folios 246-249 et un second choix aux folios 259v-261.
Les deux séries, complémentaires, transmettent d'une
1. GÉHIN1* Un nouvel inédit», p. 188-189, — Édition de ces leçons
hexaplaires dans l'Appendice, ci-dessous, p. 179-182.
2. V. GARDTHAusEN, Calalogus codicum graecorurn Sinailicorum, Oxford 1886, p. 113. Rien dans la description particulièrement sommaire de Gardthausen rie laissait prévoir la présence de ces scholie-s. Pour une analyse détaillée, voir notre article glUn recueil d'extraits
patristiques», p. 91-96.
3. Sp. P. LAMBROS, Catalogue of the Greek Manuscripis on Mounl Athos, t. 11, Cambridge 1900, p. 169-170; GÉHINe e Un nouvel inédit»,
p. 189-1912; Scholies aux Proverbes, Introd., p. 63-65.
30 INTRoDucrioN LA TRADITION N1ANuscu ITI 31
façon assez négligée un total de 17 scholies' (pour cer‑
taines d'une façon incomplète). Dans la première série
une leçon hexaplaire portant sur Ecci. 5, 19 est inter‑
calée entre les scholies 44 et 45, et la scholie 36
comporte une interpolation de plusieurs lignes se rap‑
portant aux quatre vertus cardinales.
Il existe une copie directe de ces textes dans le
manuscrit 3 de la Skite du Prodrome, une anthologie
compilée en 1709 par le moine aLhonite Joseph de
Sinope. Les pages 232-241 de cette copie2 corres‑
pondent aux folios 246-261 de 1' Iviron 555.
II. SCHOLIES TRANSMISES PAR LES CHAINES
EXÉGÉTIQUES
Les scholies cl'Évagre ont été utilisées par quatre
types de chaînes où elles se présentent soit sous leur
forme originale, soit sous une forme très abrégée qui
remonte à Procope de Gaza.
A. La chaîne vaticane
E : Codex Valicanus gr. 1694, Année 1203, panel.,
mm 185 127, H, 11.78 77-78 papi add.),
1. GÉHiNs 4i Un nouvel inédit», p. 1.89-190.
2. Ces pages comprennent donc, en plus des 2 séries de scholies à l'Ecclésiaste, la première série de scholies aux Proverbes (voir GCHICN, Scholies aux Proverbes, Introd., p. 63-65). Le ms. de la Slite du Prodrome, une dépendance d'lviron, est décrit par L, POI.CTIS, et
MArYoussA,KAs. Etiirer.ibipexyzceriocoi xereoyot xeeporiedyrav *A.Kou
Vienne flapekerepat 24), Thessalonique 1973, p.
236-240.
Le copiste Joseph a aussi repris dans son anthologie les scholies aux Proverbes
numériques des f. 263-265 et le fragment de chaire sur le Cantique des cantiques
des f. 261-263 (voir notre article, e Un nouvel inédit», p. 190-191).
lignes'. La souscription placée aux folios 75v-76 indique
que le manuscrit a été copié en 1203 sous le règne de
l'empereur Alexis <111> et de l'impératrice Euphro‑
synè par le prêtre et notniicos Michel Gazés 2.
Cette chaine, qui occupe les folios 1-70, ne commente que les sept premiers chapitres de l'Ecclésiaste'. Le texte biblique signalé en marge par des guillemets alterne avec le commentaire, précédé de la mention épp.etviaou épee (sic). Quatre auteurs forment le fonds de cette chalne : Dlympiodore, Grégoire de Nysse (pour les trois premiers chapitres), Grégoire le Thaumaturge et Évagre (59 scholies présentes, sur les 64 qui commentent Eect. 1-7). Plusieurs interpolations brèves' relèvent d'un souci de rendre plus explicites certaines données ou d'une volonté (l'honorer le Christ et les saints'', Les folios restants (f. 70-751 sont- occupés par une suite de petits textes scolaires
I (f. 70-73v) Extraits de l'iriodèges d'Anastase le Sinaïte au milieu desquels se trouve un petit traite sur la différence entre barbarisme et (f. 73v-74), Trois listes de propriétés (18Lilétcyret)
solécisme5.
propriétés de la nature divine', des anges et de la nature humaine.
3 (f, 7.1-75), Traité sur les quatre vertus cardinales et les vices qui
leur sont. opposés'. 4 (f. 75"). Listes sur la constitution de
1. Décrit. par C. GIANELLI, Codices I'alicani graeci. Codices 168417, (addenda el corrigenda de P. GANART), Cité du Vatican 1961, p. 18-20.
2. Voir A. TuRYN, Codices graeci saeculis XIII el XIV seripli annorampe nolis inslrucli, Cité du Vatican 1964, p. 19-21, planches 1 et 159a (bibliographie du ms. dans la notice). L'auteur note que le ms. a nécessairement été écrit avant. le 18 août 1203, date de la chute de l'empereur Alexis i I l Ange.
3. Le catalogue de KAno-LiwrzmANN, p. 312, se contente de signaler le ms. sous le type I1 ; FAuLHARP..13 ne l'étudie pas.
4.. Dans la scholie 6, David devient le divin David ; dans la scholie 13 où il est question de la chair et du sang du Christ, les MOU 'd% adcpxote sont remplacés par ..t-'16 etxpc(virov cri4.Œ., et '7,6 affila est affecté de l'épithète liturgique Ttt.t.r,ced, On trouvera d'autres exemples dans l'apparat critique des scholies 10, 23, 24, 35, 47, 61, 63 et 68.
5, Voir K.-H. UTHEMANN, Anaslasii Sinailae Viae Duo (CCSG 8), Turnhout-Louvain 1981, p. Lvs-Lvit (ms. mentionné sous le no 101).
6, Ce court traité est transmis sous une forme plus satisfaisante par plusieurs autres manuscrits, dent le plus ancien semble être le codex Utrechl, Bibi. Unit,. 3 (gr. 7) (mur s.), f. 103" (où le texte est attribué à Maxime le Confesseur). Pour chaque vertu on a deux vices
32 INTRODUCTION LA TRADITION MANUSCRITE 33
l'homme : définition, trois parties, quatre humeurs, cinq sorts 1, quatorze ele87).
En 1297/1298, un scribe d'Italie méridionale, Talc s
Flagiopétritès, a copié au milieu de mélanges divers un
court extrait de cette chaîne qui correspond à la scholie
36 d'Évagre ; même si sa copie est peu soignée (on relève
en effet la répétition d'un passage et le déplacement de
plusieurs phrases), elle témoigne de la présence d'un
manuscrit contenant la chaîne vaticane en Italie méri‑
dionale à la fin du iire s. L'extrait en question se lit
actuellement au folio 7v du Parisinus Suppl. gr. 681, qui
est un recueil factice composé de différents fragments
de manuscrits grecs rassemblés par Minoïde Mynas
(1798-1859). Les folios qui sont de la main de Kalos
Ilagiopétritès (1.01. 2, 4, 6, 7 et 'à) ont été arrachés a
r loir« 190 ( = A /houx 4310 ) 2.
existe une copie complète de la chaîne vaticane
dans le Sinailicus gr. 311 (année 1510), folios 5-56.
L'existence de cette copie a été révélée en 1984 par
A. !Abate 3.
opposés illustrés par le comportement de certains animaux ou de certains groupes humains.
1. La 'mention des cinq sens est suivie d'une sentence qui semble
s'inspirer d'eNagre., KGC, 15 Toi:n(1w 8è névre
cdatilierE(Lw &vste.‑
po-up.ivaw, ois
cruvoninpoi.iyrw. "reC TéCraCCFCI eTc
vrecra6,40.w -xuF.tew
Taie
cr-rotekoo etvcct.poup.évtoo,
eruvaioccifielrrinc. cd. 7CiVTE ocilaINICrEK (« Quand ces cinq sens sont
enlevés, les quatre ne sont pas enlevés avec eux ; mais quand les quatre humeurs
ou [les quatre) éléments sont enlevés, les cinq sens sont enlevés avec eux e).
2. Ph. HOFFMANN, * Un recueil de fragments provenant. de Minoïde Mynas : Le Parisinus upp1, gr. 681o, Scriplorium 41 (1987), p. 115.- 127. Voir aussi, du même, la notice 34 dans Les manuscrits grecs datés des xîit el xtve siècles conservés dans les bibliothèques publiques de Francei Vol. I ?cire siècle (sous la direction de Ch. AsTRuc), Paris 1989, p. 79-81.
3, LABATE„ Nuove catelle», p. 257-261.
B. La chaîne dite de Polychronius
Ce type de chaîne (type I de Karo-Lietzmann, El de
Faulhaber) a une tradition manuscrite abondante : plus
de trente manuscrits qui se répartissent en trois
familles'. Il a un fonds commun avec la chaîne vati‑
cane, et on retrouve pour l'esssentiel les quatre auteurs
déjà mentionnés2. Les indications d'attribution sont
assez nombreuses, mais elles ne méritent malheureuse‑
ment pas un grand crédit; qu'on en juge par celles qui
apparaissent au folio 72" de l'Arnbrosianus A 148 in f.,
le plus ancien témoin de ce type de chaîne3.
sur Keil. 2, 101-2 liolychronias en ri!alité Grégoire de Nysse, 110m. I V.
sur Eerl., 2, 103 Polychronius : scholie 9 d'Avagre.
sur HM, 2, I L" Grégoire de Nysse : attribution exacte, ilom. II.
sur Ecci. 2, 114.5 Eustathe d'Antioche : scholie 10 d'Svagre.
Du même en fait Grégoire de Nysse, Horn. IV,
sur
Eccl. 2, 12 Didyme en réalité Grégoire le Thaumaturge.
Basile montage rait à partir d'extraits de l'Homéfie V de Grégoire de
Nysse.
Comme on le voit, à cet endroit, six attributions sur
sept se révèlent inexactes. Il faut toutefois noter que la
CPG IV, ni) C 102 : voir KARo-LIETzmANN, p. 311-312 et FAIMHABER, p. 148-159 (ce savant a examiné 14 témoins); nouvelle liste de témoins dressée par A. LARATE, cNuovi ecdici della catena sull' Ecclesiaste di Policronio», Auguslinianum 18 (1978), p. 551-553 (où les textes du Coislin 193 et, de l'Iviron 55,5 sont considérés à tort comme des extraits de celle chaîne); pour quelques témoins l'auteur apporte des précisions supplémentaires dans son article «Nuove catene», p. 243-250 et 262. L'attribution de cette chalde à Polychronius d'Apamée est sans fondement, et. l'apparition du sigle neuxpovtou qui s'applique à des textes d'auteurs divers reste pour l'instant inexpliquée.
2, Analyse des sources par A. LABATE, «Sulla Catena alrEcclesiaste di Polichroniol+, Studio Palristica XVIII, 2, Kalarnazoo-Louvain 1989, p. 21-35.
:3. Seul témoin utilisé pour la présente édition.
2
34 INTRODUCTION LA TRADITION MANUSCRITE 35
ti
I.
mention erronée d'Eustathe d'Antiochel pourrait. être
le résultat d'une mauvaise interprétation du sigle
Et'xxyptou présent à un stade antérieur de la tradition
manuscrite ; une confusion du même •ordre entre Ëvagre
et Eusèbe apparaît dans certaines chaînes aux Pro‑
verbes et aux Psaumes2.
H Codex Ambrosianus A 148 inf. (gr. 809). xe s.,
mm 302 231, ff. IL 269 (-1- 78 bis). I. Chaînes
marginales aux trois livres de Salomon et au livre de Jobs
La chaîne à l'Ecclésiaste, qui occupe les folios 69-9'2%-, offre un choix de 52 scholies é.vagriennes en général assez fidèlement reproduites4. Comme dans la Coislin 193, la leçon hexaplaire portant sur Eed. 5, 1 se trouve réunie à la scholie 35.
C. Chaînes dérivées de l'Épitomé
de Procope de Gaza
Les scholies d' Évagre sont également présentes dans
trois témoins de l'Épilomé de Procope de Gaza Les
1. Les deux fragments attribués à Eustathe ont été édités par F. CAVALÉ-F.11A, S. Et4Slaihii in Lazaram, Mariam e! Martharn humilia
clin-Ac/of/ka, Paris I905, p. 81 (fragments 401d 2), et repris. par
M. SPANNTUT, Recherches sur les écrits d'Euetathe d'Antioche, Lille 1948, p. 124 (fragrnents79 et 80). Le premier texte est à restituer à Évagre (schol. 10), et le second 'à GRÉGOIRE DE NYSSE (extrait de l'Homélie 1V, p. 352, I. 16-17, et p. 353, 1. 1-5).
2.. Voir H.VIN,Scholies aux Proverbes, Intspd,. p, 69 et 71, et RONDEAU, Commentaires du Psautier, p. 266-267.
3. Description de A. MARTIN] et D. B.Assi, Calalogus codicum graeeorurri Bibliothecae Ambrosianae, t. Il, Milan 1906, p. 905-906; KAROLIETZMANNI, p. 301, 311, 313 et 322; FAULHABER, p. 40, 110 et 149; RAHLes, Verzeichnis, p. 125.
4. On note seulement une tendance à abréger. particulièrement sensible dans tout ce qui touche au matériel scripturaire certaines
formules introductrices des citations se trouvent fortement réduites (schol. 30 et 53) et certaines citations sont. débarrassées de ce qui n'est pas directement en rapport avec le sujet traité (schol. 23, 30 et n). Exemples de lite ili."ç ou de xrct. 'r& g-7y touchant l'interprétation elle-/Dème dans les scholies 6 et 35.
5. CPG no 7433, et IV, n C 101.
deux premiers témoins, les manuscrits Vindobonensis
Mead. gr. 147 et. Marcianus gr. 22, sont tronqués : le
commentaire s'arrête à cci. 4, 6, et les indications
d'auteurs sont assez souvent fantaisistes. Ils ont été
publiés en deux temps par S. Leanza dans le Corpus
Christianorurni. Le troisième témoin, le codex Iuiron
876, commente l'ensemble de l'Ecclésiaste, mais il pré‑
sente l'inconvénient de ne comporter aucune mention
d'auteurs. Le titre de la compilation se présente ainsi
dans le manuscrit de Vienne
npoxoniouxpLertavo1 Grog:no-Ire .ré1/4;_p.• gi.ç '7 \ Txxklatcc‑
crrir ix?%oyilro brvropjj, &nô, Ppl opio Nû xcd.
tovueiou 'AXeZGrApciaç, UpLyivouç, Eq)otypr.ou, AtUq.zou,
NED%ou xoci, 'OXI.n.J.rctoM)pou2.
Ces trois témoins ne sont pus exactement superposables pour la partie qui leur est commune (comm. d'Eccl. I - 4, 6). Le manuscrit,
iviron livre de nombreux textes absentes des deux autres manuscrits, et ces deux manuscrits, qui sont très proches l'un de l'autre, ont quelques textes propres que ne possède pas le témoin athonite. L'exemplaire disparu dont ils dépendent tous trois directement n'était sans doute pas le recension originale de t'Épitomé de Procope, mais plutôt une chaîne dérivée de cet Épitomé. La différence de traitement de chaque auteur invite à le penser. Comment expliquer que Denys d'Alexandrie soit longuement cité et assez souvent in extenso, alors que les scholies d'Évagre (au nombre d'une trentaine) sont considérablement abrégées? Nous avons sans doute ici une situation analogue à celle de la chaîne II aux Proverbes).
1.CCSG 4 et 4 Suppi. Voir nos remarques dans *Un nouvel
inédit*, p. 193.
2. Il figure avec quelques variantes dans le ms. de Venise. La perte du folio initial de ta draine à ('Ecclésiaste dans le ms. d'Iviron ne permet pas de dire si le titre Figurait également dans ce ms.
3. GÉHIN, Scholies aux Proverbes, Introd., p. 68-70. Ces deux chaînes (aux Proverbes et à l'Ecclésiaste) ont. été formées de la mime façon : elles sont toutes deux le résultat de la fusion de I'Épiionié de Procope avec des éléments tirés des chaînes présentes dans le cod, Ilauniensis 6. Le texte original de l'Épitomé ne s'est conservé que pour les Proverbes.
36 INTRODUCTION LA TRADITION MANUSCRITE 37
K Codex Vindobonensis Iheoi. gr. 147. xie et mie s.,
parch., mm 24O/255 X 188/202, fi. L 210, 24 lignes'.
L'extrait de "Épitomé se présente sous la forme de scholies2 placées en marge du livre de l'Ecclésiaste, du folio 92 au folio 97.
M : Codex Marcianus gr. 22. xme s., parch., mm
230 >c 185, ff. 289 (+ 264 bis), entre 29 et 36 lignes s.
L'extrait de l'Épitomé se présente cette fois en marge du commentaire d'Olympiodore, entre le Folio 68v et le folio 83". Seuls quelques textes ont été écrits à pleine page : Phypothésis du folio 67v qui est un extrait de "Homélie I de Grégoire de Nysse, et deux scholies intégrées 3u Commentaire d'Olympiodore (scholie attribuée à Nil au f. 68v, et scholie faussement attribuée a Évagre au f. 82v).
N Codex Iviron 676 (= Aihous 4796). xivP s., parch.,
ft 167, autour de 32 lignes 5.
La chaire a l'Ecclésiaste, écrite à pleine page, couvre les folios
I29-lev,
Le début est mutilé à la suite
clé; IH 1u
d t ii roba avanie.
folio 129 (le texte commence par les dernières lignes du commentaire cl'Ecei..
1, 4 et le lemme crEcel. 1,
5); on déplore la perte
d'un autre
folio entre 143v et 144, qui contenait le cciinmcnlaire 6-1 I
D. La chaîne Barberini
L'étude de cette chainel vient en dernier, car elle a combiné des éléments d'origines diverses, en particulier certains éléments appartenant à la chaîne vaticane et d'autres appartenant à l'Épitomé de Procope de Gaza.
T : Valicanus Barberinianus gr. 388 (anc. III. 1021
xiiie s., parch. palimpseste, mm 215 C 165, ff. L 165 (+ 142e et 161 bis). I, entre 17 et 25 lignes 2,
La chaîne a l'Ecclésiaste occupe les folios 1-130 et elle est suivie aux folios 130-162v d'une chaîne au Cantique des cantiques, La souscription placée au folio 16-4 indique que le manuscrit a été copié par un certain Jean pour le compte d'un prêtre nommé Nicolas. Au folio
1, on
lit une note de possession -roi")i!pa8Lvoi;
Neol;p4rou. Les
premiers versets
(Feel. 1, 1-15)
et, les derniers (Red. 12,
10-14) ont été copiés sans commentaire. Les auteurs cités sonl. Denys, Évagre,
Origène, Nit et Didyme. Les scholies d'Pvagre y apparaissent dans deux
rédactions différentes ; la rédaction originale et la rédaction
forte‑
1. Description et bibliographie dans H. HUNGER - O. KRESTEN HANNicri, !Catalog der grieehischen Ucindschriften der üsterreichisehen Nalionalbibliedhek. Teil 312 : Codices Iheologici 101400, Vienne 1984, p. 186-189.
2. S. Leanza qui n'a eu connaissance de ce ms. qu'après son édition de CCSG 4 a publié dans un supplément les variantes et les additions de ce ms, par rapport au Marcianus gr. 22 : Procopii Gazaei Catena in
EcclesiasterL Un nuovo lestimone della calma sull'Bccleslaste di Procopie) di Gaza, il Cod, Vindob, Theol. Gr. 147 (C SC 4Supp(emenium),
3. Description et bibliographie dans E, MioNr, Bibliolheme Dirai Marci Veneliarum codices graeci rnanuscripli. Vol. I : Thesaurus Antivus. Codices 1-299, Rome 1981, p. 36-37.
4.. Procopii Gazaei Catena in Ecclesiaslen (CCSG 4), p. 1-50. Le commentaire d'Olympiodore, écrit à pleine page, couvre les f. 68-107v (etc pas seulement les f. 83-107v, comme le dit Mrom,
5. Description de Sp. P. LAMBROS, Catalogue of the Greek Manus-crie on Mount Athos, t, II, Cambridge 1900, p. 197. Voir aussi VCrZeiChniS, p. 14; LABATE, «Nuove cabene K.., p+ 241-242; Geurr.1, Scholies aux Proverbes, Introd., p. 70,
L CPG IV, no C 104.
2. Description sommaire dans l'inventaire manuscrit de la Bibliothèque vaticane, Sala di Consullazione 376, t. I. Les deux seules études consacrées à cette chaîne sont celles de FAULHABER, p. ]63165, et d'A. LABATE, «La catena sulrEeclesiasle del cod. Barb. gr. 388», Auguslinianum 19 (1979), p. 333-339. Bibliographie complémentaire dans M. BuoNocortE, Bibliografia dei Foadi rnanoscrilli della Biblioleca Vaticana (1968-1980), I (Studi e Tesli 318), Cité du Vatican 1986, p. 106. Les feuillets de parchemin remployés dans ce ms., qui semblent tous provenir de livres liturgiques, ont au moins cinq origines puisqu'on relève cinq types d'écritures : onciale grecque (texte de 24 I., sur 2 col.), minuscule grecque seule, minuscule grecque avec notations musicales ruhriquées dans l'interligne, grande onciale slave droite, petite onciale slave penchée. Sur les textes slaves sous-jacents, voir A. VosToKov, « Russkij palirnpsestg., Bibliografiéeskie Baty, 1825, p. 229-232 (repris dans Filologiéeskie nabljudenija A. Kh. Vostokova, éd. 1. Sreznevskij, Saint-Pétersbourg 1865, p. 167-170) [références communiquées par M. Johannet].
38 INTRODUCTION LA TRADITION MANUSCRITE 39
ment résumée de Procope. Les attributions Eeecypiou accompagnent seulement les textes courts qui forment presque toujours doublets avec le texte intégral des scholies, lequel est anonyme 1.
ILL SCHOLIES ISOLÉES
La scholie 27 est presque entièrement passée dans ln
Calena Hauniensis dont le fonds principal est le
Commentaire de Denys d'Alexandrie' ; seule la fin de la
citation de Ps. 83, 11 se trouve abrégée (xix, giîg) .
Nous sommes en total désaccord avec A. Labate qui
attribue en bloc à Denys d'Alexandrie l'ensemble du
commentaire d'Ecci. 4, 6, soit la scholie que nous resti‑
tuons à Évagre (1. 92-106)4 et le texte qui suit (I. 106-
I.. Les scholies nomenément. attribuées à evagre ont été éditées par LAnATE, L'esegesi », p. 485-490. Sur les 1 attributions, 2 seulement se révèlent être fausses (ad P.:1cc.i. 4, l au r. 36" el ad Eect. 4, 4 au F. 38). L'éditeur n'a malheureusement pas remarqué que des textes d'une autre provenance avaient parfois été réunis aux scholies d'Avagre et, fait plus grave, n'a pas vu que ces textes brefs doublaient le texte intégral également. présent,. Voir nos remarques dans *Un nouvel inédit*, p. 195 et. n. 15. A noter enfin que les doublets restés anonvmes ont échappé a cette édition.
2. Éditio'n récente d'A. Labate (CCS6 24, 1992), IV, 92-106, p. 65-66. La scholie d'Évagre figure dans les trois témoins de cette chaîne, les codex Hauniensis 6, V indobonensis iheol. gr. 11 et Mosquensis Syn, gr. 147 (ed. cit., praer., p. x-xvii), ainsi que dans une chaîne dérivée, contenue dans le codex 16 du Collegio greco de Rome (Appendix, p. 227). Le texte qu'offre l' Iviron 676 est celui de la rédaction remaniée de Procope.
3.
Edo
p. 66, 1.
100. Il est donc inexact de dire que c'est la
Galeria Ikuniensis
qui présente le texte le plus long
(LARATE, préf. à l'éd,, p. xxi).
4. L'authenticité évagrienne de ce texte ne saurait être mise en doute. On y trouve le couple xcada:-&-reaxria, tout à fait caractéristique de notre auteur (voir schol. 35 et 54 a l'Ecclésiaste, schol. 7, 12, 74, 116, 164, 169, 202, 226 et 332 aux Proverbes ; à noter qu'il n'apparaît nulle part ailleurs dans la Calena Hauniensis); les citations bibliques
113). Un examen, même rapide, montre que l'on a
affaire à deux exégèses indépendantes; seule la seconde
exégèse porte par son littéralisme et son style la marque
de Denys d'Alexandrie 1.
Le début de la scholie 30 (jusqu'au mot brropply‑
\ùluvov, à la ligne 5) se trouve inséré dans certains
témoins manuscrits du Commentaire d'Olympiodore sur
l'Ecclésiaste. Dans le Parisinus gr. 153 (xie s.), l'inser‑
tion est signalée par l'attribution Eilrypl.ou placée dans
la marge du folio 133"; dans d'autres témoins posté‑
rieurs, le nom d'Évagre a disparu, et la scholie se trouve
qui accordent la préférence au peu se retrouvent dans un contexte identique dans la scholie 35 et dans deux scholies aux Psaumes; la sentence liliale (I. 101-106 de l'éd. Labate, 1. 13-15 de notre édition), que Labiale croit tirée d'un passage de l'Ècriture qu'il n'aurait pas réUSSi à identifier, est une sorte d'apophtegme forgé par Évagre luiinbne, doni. on retrouve la teneur dans deux de ses scholies aux Psaumes (voir notre comm. ad loczun). Ajoutons que la scholie est présente dans l'Iviron 555 où les Scholies à l'Ecclésiaste voisinent avec les Scholies aux Proverbes et que son résumé est. explicitement. attribué
Évagre dans la chaîne Barberini.
1+ En voici La traduction : *Ou bien ne vaut-il pas mieux trouver son repos dans peu de choses plutôt que s'occuper de beaucoup de choses el affronter les dangers du mauvais traitement? Bien ne maltraite autant l'esprit que les soucis d'argent, comme le dit l'Apôtre : " Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation, les pièges, les nombreuses convoitises insensées et funestes, lesquels plongent les hommes dans la ruine et la perdition (I Tira. 6, 9).» Nous regrettons naturellement que Labate persiste dans son erreur et continue à refuser de reconnaître dans la Colleelio Coisliniana l'exégèse d'Êvagre le l'ontique. La reconnaissance de ce fait lui aurait notamment permis une présentation plus claire de ses apparats des Chaînes et des Pères. En dépit des sérieuses critiques que nous avons à Faire concernant les attributions, nous reconnaissons que l'édition de la Calena Hauniensis a été faite avec soin et qu'elle offre une base solide aux futurs recherches sur les Chaînes à l'Ecclésiaste. Nous avons dans ce domaine apporté notre contribution en éditant ce qui revient à Évagre; la prochaine étape devrait être l'édition du Commentaire d'Olympiodore, qui est incomplet dans la Patrologie grecque. C'est alors seulement qu'il sera possible de reconstituer l'Épitomé de Procope et d'apprécier vraiment l'apport de chaque type de chaîne.
ti
INTRODUCTION
totalement intégrée au commentaire d'Oiympioclore, C'est notamment le cas dans le Marcianus gr. 22 ()cite s.), au folio 85.
Enfin, dans la marge supérieure du folio 68 du codex Arnbrosiarws C 313 in f. (Bible syro-hexaplaire), on lit une traduction syriaque de la scholie 50 d'Êvagre intro‑
dui1e seulement par le mot, crialcuhrte eez6L.o%.•)1.
IV. SCHOLIES INAUTHENTIQUES
Dans les chi:dues appa.raissent sous le nom d'Évagre quelques scholies qui sont absentes de la Colieclio
sIiniana. Doit-on les retenir et les ajouter à la série donnée par le manuscrit parisien ? C'est ce qu'il faut, examiner à présent.
Ad Ecci. 2, 13-14 KocTŒ8pixp,.i.;»
pLIXTIXt6rnyroç 3éoVTIIL
Certains témoins manuscrits de la aulne dite de Polychronius 'mettent Our le nom d' Évagre ce long texte que nous n'avons pas voulu reproduire, ainsi le Marcianus gr.. 2J, qui comporte au folio 85v la mien ion suivante : act(ypiol.›). .1X).1:F 2. L'attribution se retrouve e naturellement dans l'Anet:feus gr. ..113, qui est une copie du xvie s. du manuscrit, de Venise, au folio O. On notera d'abord que l'attribution n'est. pas stable, puisque dans le plus ancien témoin de cette cl-laine> l'A mbrosianus, le même texte est attribué à Basile. Il est. en r'éalité un znontage fait, a partir d'extraits de l'Homélie V de Grégoire de Nysse (p• 35-4-359)1. Comme le texte qui suit, est la scholie L I d'Évagre, nous
1. La Bible syro-hexaplaire de l'Ambrosianrce C 813 inf. (fin du vine-début du ixe siècle) a été reproduite par A. M. GgniAbri, Cedex Sgro-hemplaris A inbrosianus phol*Iilhographice gr ïfu [MonurreEnia sacra el profana, VII}, Milan 1874. Ceriani renvoie au texte grec. correspondant qui se trouve dans 11 Arnbrosiantés A 148 in f. Les 7 autres textes placés en marge du texte hexaplaire de l'Ecclésiaste proviennent du Commentaire d'Olympiodore.
2. FAuLHAnER, p. 149.
3. rp.„. p. 151.
4. LABIATE a L'iscgesi », p. 486.
LA TRADITION MANUSCRITE 41
avons un cas tout à rait banal de déplacement (rune attribution vers le haut. Le plus étrange dans l'affaire est, toutefois le maintien isolé du nom d'Évagre dans un type de chaîne qui semble l'avoir intentionnellement fait.. disparaître partout ailleurs.
Ad cci. 2, 26 : EnripEicràcrat 6.7r. c r_pailXoç croepli,oftv
Xxii,6dr.vEt. (.i) auvditt.PEK
€
H intof.o,c •rri:i6ç
oliy5-ct cocpotk
eiintn • vo , yLvc.Pi3o-xcl) ŒùTdo) Us. 48, 7).
8Locyopià aè
o-ocpixç )(cd ywitiacti4 cdkrty &Tt p.éV XO:TaXTICIMVIII
ID.110:44 Tvc.:icsecag 'ÉiaLQ\J, T cirrŒmteuacreetbdim aoplacç
8é Motax6p.00oc 15-rt 7Cedy-t-ov TI& j0,1 xturopelilacc..
Ce texte est attribué à Évagre par un tèrnoin de l'Épilomi de Procope, le Marcianus gr. 22 (t, 76v),. et a été édité comme une scholie authentique par A. Labatel et. S. Leanza 2. La découverte d'un nouveau témoin de l'Êpilomé a montré que là encore la place de l'attribution n'était pas stable le Vindolionensis Chef. gr, 147 place en effet le
sigle
EI:i4-ypioi.i) en face du texte précédent ; clyalEtip-
èv Tw
E.11)1/4)140VTI
cdr.7.1.vc. qui est. une récriture
d'Olympiodore (PG 93, 505 D). Le manuscrit /viron 616, où la scholie 14
d' Évagre suit ces
deux textes, apporte la
solution ciu problème. Dans les manuscrits
Km,
qui se présentent, comme un choix de
l'Épilomé, la scholie d'Êvagre n'a pas été retenue, mais le sigle d'attribution,
déjà déplacé vers le haut, s'est,
intenu.
Ad EccL 4, I. 'Avepelecouç.rbvprévicil.xor.iv-ra, Té ro 8é hxc4cvov, Tc/.1>jv il[icpct) accpx[xolf.4 • oùâzl'ig yŒÇ zvaui.LŒTL)cèç icaocol4iEvoç OXÉgerou xak xXixÉEL • ç itpà% ToifiTouç div
et.p,ebiouç Tz0v•q>térreç
dcE.tap-clec,
X0d
yev6E.Lcyckt.
La chaîne Ra.rberini présente au folio 36 ce texte sous l'attribu‑
tion
: Eticzypiiot>3- Bien ne permet de penser qu'il soit
autheri‑
tique, bien que l'erreur
d'attribution ne puisse être dans le cas présent
expliquée.
1. Ibidem.
2. CCSG 4, p. 25, L 211-216.
3. LABATE, e L'esegesi p, 487. Ce fragment, sans doute issu de l'Épitomé de Procope, se retrouve avec quelques variantes au F. de l'hirem 676.
![]()
iNTRonucTiorq
4
Ad Eeel. 4, 4: Mdc-rduoL per& Te.nd hi))10ti.rierc.ov oG &ni
uvourreiqt x0w,ccativ
Ce fragment', issu de l'Épilopié de Procope, est attribué avec une belle unanimité â Évagre par KMT2. Il est pourtant, inauthentique: nous avons à nouveau un cas d'anticipation d'une attribution qui s'applique en fait au texte suivant, la scholie 26 d'Êvakre.
- Ad Eccl. 4, 4 : 'AviSpctix tPcx-r)ej rpocdpecnç nve5-
Ce texte est attribué à Évagre dans un exemplaire tardif du Commentaire d'Olympiodore 21 le Vallicellanus gr. 51 (D 6), aux folios 18"-19. Mais c'est bien à Olympiodore qu'il revient on le lit en PG 93, 528 A 1-12. Nous pensons qu'il s'agit d'un souvenir de l'attribution marginale qui signalait dans le Parisinus gr. b53 l'insertion du début de la scholie 30 d'Évagre dans le commentaire d'Olympiodore. Au cours des copies successives, l'attribution se sera déplacée très sensiblement vers le haut.
L'enquête a donc montré que les chaînes ne permettaient pas de compléter k collection donnée par le Cois-lin 193, et que l'attribution de tel ou tel fragment à Évagre relevait d'erreurs banales dans les manuscrits de chaînes. Pour le moment la Colleen° Coisiiniana nous livre la série la plus complète des scholies évagriennes.
1. Êd. LA RATE L'esegesie, p. 487.
2. FAULHABF.11, p. 159; éd. LA BATE, L'esegesi e, p. 486.
CHAPITRE III
LES PRINCIPES DE L'ÉDITION
Nous avons repris ici un certain nombre de principes déjà adoptés dans l'édition des Scholies aux Proverbes.
1. LE TEXTE BIBLIQUE
Nous avons fait. figurer en tête de chaque scholie la totalité du passage biblique sur laquelle elle porte. Les lemmes présents dans le Coislin 193 n'ont pas été retenus, car ils sont. souvent trop réduits, voire tronqués, et ne correspondent, pas nécessairement au texte commenté par Évagre. Par exemple, en tête de la scholie 21 (ad &cl. 3, 19-22), le manuscrit parisien ne donne
qu'une partie du verset 19 et encore sous une forme médiocre : xcd col.)ToL éoç cruvdcyriect, alors que la scholie porte a l'évidence sur un passage plus étendu, les versets 19-22; en Ecoi. 2, 10, en tête de la scholie 8, il donne : xat niiv 8 krs11511-7-laccv, alors qu'nvagre
commente un texte où il y a 1)-ricre.v. Pour toutes ces raisons nous avons de nouveau eu recours au codex Alexandrinus qui semble donner le texte le plus proche de celui qu'Ëvagre pouvait lire. Afin de bien marquer qu'il s'agissait d'un texte restitué, nous l'avons constamment placé entre crochets obliques. Il nous est arrivé cependant' dix-huit reprises de nous écarter de l'Alexandrinus, soit parce qu'Évagre commentait à
44 INTRODUCTION LES PRINCIPES DE L'ÉDITION 45
l'évidence un autre texte, soit pour des raisons de sens,
et d'adopter une leçon qui figure dans l'un des deux
autres grands manuscrits onciaux (le Valicanus et le
Sinailicus) ou dans les deux à la fois. Dans deux cas
seulement, la leçon retenue a une autre provenance. La
liste des modifications, signalées dans l'édition par un
astérisque, est la suivante :
Leçons retenues Leçons de l'Alexandrinus
1, 151 brixocilineijvcEL
3, mi irepLerracrl.t6v
3 112 otti.itc7ov
3 151 yEvélp_evov
4 41 crû...te 7dIé11TtIC
4, 43 iTaipou
4 83 nefeci.L6ç
4, 8$ lreÉ:Jtocurccr3piùç
4 141 hoilicav
51 rirnipe
74 ccù-roùç
13' nconlpii>
17' 0.,2
5 191 noXXit
6 101 xbe.-rj-rcu.
6 126 gaTttg.
7, 71 ..rhy zÙTOViCei TiK
XiXpai:0:Ç CdPrOi3
(codex Vendus; cf. licite ad locum)
7,
81
1:(erii.1',..1 (Calma Hauniensis
et
Catena
Irium Painim)
On note un certain flottement dans les manuscrits a
propos des mots ou des expressions qui suivent :
— Tei ecvepefterou - tivepeencine : voir Eccl. I, 13
(sur les hésitations des grands manuscrits onciaux, voir
l'apparat de l'édition de Rahifs ad loc., t. 11, p. 239).
Dans la scholie 15 ad 33, 22, Écvagre cite Eccl, 1, 13
avec le pluriel àv0pcbgno.ni.
Confusions entre des mots voisins : ITEF.Grraccry.6ç, itztpotisrp.6ç, nepacrp.6q (Ecci. 3, 101; 4, 83; 4, 88). Celles- ci se retrouvent dans les témoins manuscrits de la scho‑
lie 40.
Transformation de cyùv Traç en (76pp:14 : voir
Eccl. 3, 11 ; 4, 4.
— Fautes dues à l'iotacisme : le Coislin 193 cite &el,
4, 3 avec la leçon cn:»c ot8Ev au lieu de oùx étkv. Le
commentaire d'Évagre donné dans la scholie 24 montre
qu'il lisait la première de ces leçons.
Pour la traduction des lemmes bibliques, dont cer‑
tains sont relativement obscurs, nous avons consulté les
traductions suivantes
traductions de l'hébreu faites par A. Guillaumont,
dans la Bibliothèque de la Pléiade', et par D. Lys 2.
traductions françaises de la Septante dues à
P. Gigueta et à Fr. Vine'.
traduction anglaise de la Septante due â L. L.
Brenton5.
II. LE TEXTE ORIGINAL DES SCHOLIES
L'étude de la tradition manuscrite des scholies
d'nvagre bouleverse le stemma établi par Faulhaber et
développé de façon inacceptable par l'équipe de Messine
(S. Leanza et A. Labate), stemma qui fait descendre
1, La Bible, Ancien Testament, L. II, éd. publiée sous la direction d'Édouard DlionIE, Paris 1959, p. 1503-1532.
2. Jusqu'à Eccl. 4, 3 seulement. Voir Bibliographie.
3. P. GIGIU E'r, La Sainte Bible, Traduction de l'Ancien Testament d'après tes Seplanle, vol. 3, Paris 1872 Ecclésiaste, p. 384-408.
4. F, Vrbrr:t., ‹cLaMetaphrasis iri Ecciesicislen de Grégoire le Thaumaturge : entre traduction et interprétation, une explication de texte», dans Lectures anciennes de la Bible (Cahiers de Biblia Pairisiica 1), Strasbourg 1987, p. 191-215 (trad. des chapitres 1-3, p. 198-203).
5, The Repluaginl Version of Ihe Old Teslameni with an English Translation, Londres (1844) Ecclésiaste, p. 819-829.
xocri.s.-evou nctfetcre0 cdruoij yvvvenwdolo cr15[.trirprix. éTipou
Lpaccrizik
nufatip.ibg (sic) Eau.73v
cceyroi; om.
xixly?xcv
'écru
xixpalav .1-71ç ce.novidx4 ix&roi.1
edyroù
46 INTRODUCTION LES PRINCIPES DE L'ÉDiTION 47
é
toutes les chaînes à l'Ecclésiaste soit directement soit
indirectement de la chaîne de Procope'. En prenant
comme pierre de touche un seul des auteurs représentés,
tvagre, nous avons mis au contraire en évidence deux
grands groupes de chaines : un premier groupe qui puise
dans l'oeuvre originale de l'auteur et reproduit les scho‑
lies avec une assez grande fidélité, un second groupe qui
est tributaire des remaniements apportés par Procope
de Gaza et qui donne des textes fortement résumés. Ces
deux groupes se rejoignent dans la chaîne Barberini.
Dans cette édition princeps, la situation est pour
l'établissement du texte nettement, plus favorable
qu'elle ne l'était dans les Scholies aux Proverbes. Pour
plusieurs scholies nous disposons en effet de cinq
témoins indépendants. L'accord des manuscrits EHT
permet d'isoler les leçons propres à A qui sont dans un
grand nombre de cas de simples bévues ; l'accord de A
et, de 1-1 met au contraire en évidence les particularités
du groupe ET qui a pris parfois quelques libertés avec le
texte d'Évagre. B a un grand nombre de leçons propres
qui sont la plupart du temps le produit de la simple
négligence du copiste. Dans l'apparat critique nous
avons omis de mentionner un grand nombre d'orlho‑
graphica.
III. LE TEXTE DE PROCOPE
L'édition du texte remanié de Procope présente ici un
intérêt moindre, dans la mesure où le texte original
repose sur une base critique solide. Sur certains points
de détail, H pourra cependant appuyer le choix de telle
ou telle leçon. Son principal intérêt est d'avoir conservé
le nom cl'Évagre qui a presque entièrement disparu du
prernier groupe de chaînes. Contrairement à ce que nous
avions fait pour l'édition des Scholies aux Proverbes, les
leçons de Procope ne passent jamais dans l'apparat cri‑
tique du texte original.
Si l'on excepte les quelques échantillons du texte ori‑
ginal que nous avons donnés dans notre article «Un
nouvel inédite, tous les textes publiés jusqu'à mainte‑
nant proviennent de la rédaction de Procope :
schol, 10 sous le nom de Denys d'Alexandrie
(d'après M), par C. L. Peltoei.
7- schol. 10 : sous le nom d'Eustathe d'Antioche
(d'après un ms. de la chaîne dite de Polychronius, le
Parisinus gr. 151), par F. Cavarella et M. Spanneut2.
— schol. 36 : sous le nom d'Origène (d'après T2), par
S. Leanza 3.
schol. 6, 11, 14, 20, 21, 27, 28, 35, 49, 55, 56, 61,
62, 63 : (d'après T2) par A. Labate4.
schol. 2, 3, 10, 26 : (d'après M) par S. Leanza 5.
1. The /Mem and obier rernains of Dionysius o( Alezandria, Cam‑
bridge p.. 217, 1. 17 - p. 218, I. 2.
2. Voir impra, I .:34, 1.
3.
liese(fesi di
Origene al Libro
Reggio de Calabre
1975, p, 16.
4. 'j L'esegesi I), p. 485-490.
CCSG 4 (voir supra, p, 36, n. 4). — Nous ne signalons pas les Fragments publiés par LabaLe dans les apparats à l'édition de la Catena liauniensis.
I. Voir LEANZA, 11Catelie», p. 545-552.
BIBLIOGRAPHIE
L Œuvres d'Êvagre
Anlirrhélique
Version syriaque, éd. W. Frankenberg, p. 472-545 (y. à
III, Frankenberg). Disciples d'Évagre
Chapilres des disciples di.evagre. Nous en préparons
l'édition'.
Euloge
Traité au moine Euloge = Traclalus ad Eulogiurn mona‑
chan% PG 79, 1093 D -1140 A.
Exhorlalion
Deux exhorlations aux moines Instilatio ad monachos,
éd. partielle dans PG 79, 1236-1240 ; à compléter par
J. Muyldermans, « Euagriana. Le Valic. l3arb. graecus
515 », Le Mu éon 51 (1938), p. 200-203.
(«Mn:digue
Le
Gnoslique, é.(1.
A. C. Guillauniont,
SC
356, Paris
1989.
I. Cette oeuvre n'est pas à proprernentparler une oeuvre d'Êvagre, mais celle d'un ou plusieurs disciples qui ont fidèlement recueilli l'enseignement du maitre. Il existe d'ailleurs une incertitude sur le titre
de la collection, entre Chapitres des disciples (uccOmreiv) et Chapitres des enseignements (a0yedirce.rv) d'Éoagre. — J. PARAMELLE et A. GU1LLAUMONT ont publié chacun un article sur ces Chapiires dans les
Mélanges F. Crraffin, Parole de l'Orient 6)7 0975-1976), Kaslilc 1978 : le premier, p. 101-113, intitulé «' Chapitres des disciples d'Ivagre dans un manuscrit grec du Musée Bénalci d'Athènes*; le second, p. 115- 123, intitulé «Fra.grnents syriaques des 'Disciples d'Évagre'
KG
Les Képhalaia gnostica, version syriaque, éd. A. Guil‑
laumont, Les Six Centuries des e Képhalaia gnoslicae
d'Évagre le Porilique (PO 28, 1), Paris 1958 ; fragments
grecs édités par J. Muyldermans, Evagriana (v. à HI), et par I. Hausherr, «Nouveaux fragments grecs
d'Êvagre le Pontique», Orientalia Christiana Periodica 5 (1939), p. 230-232.
KG Suppl.
Pseudo-supplémenl des Six Centuries des « Képhalaia
gnoslica», version syriaque, éd. W. Frankenberg, p. 422-471 (v, a III). Le texte est accompagné du commentaire de Babaï le Grand.
Lettres
Corpus de lettres conservées en syriaque, éd. W. Frankenberg, p. 564-610 (y. à III); fragments grecs des lettres 4, 25, 27, 31, 52, 56, 58 édités par C. Guillaumont, p. 217-221 (y. à 11I).
Lettre à Mélanie
Version syriaque, éd, incomplète de W. Frankenberg, p. 612-618 (v. à III); à compléter par G. Vitestam,
Seconde partie du traité qui passe sous k nom de la
e Grande lettre d'Évagre le Pontique à Mélanie
l'Ancienne», Lund 1964.
Lettre sur la Trinité
Cette lettre, qui porte en syriaque le titre de «Lettre sur la foi» (éd. W. Frankenberg, IL 620-635 ; voir à III), a été conservée en grec; on la trouve éditée dans le corpus des lettres de Basile de Césarée : Lellre 8, éd.
Y. Courtonne, Saint Basile. Lettres, I, Paris 1957 ; éd. J. Gribornont, dans M. Fora Patrucco, Basilio di
Cesarea. Le Lettere, I, Turin 1983, p. 84-113 (les références sont désormais données selon cette dernière édition).
Moines
Sentences métriques Aux moines, éd. Gressmann,
Nonnenspiegel und Mônchsspiegel des Evagrios Ponti‑
kos, TU 39, 4 (1913), p. 152-165.
Pensées
Des diverses mauvaises pensées = De divcrsis malignis
cogitationibus L, PG 79, 1200 D-1233 A ; à compléter par PO 40, 1240 A-1244 8, et par J. Muyldermans, A
travers la tradition manuscrite d'Évagre le Ponlique
(Bibi. du Muséon 3), Louvain 1932, p. 47-55,
Pratique
Traité pratique ou Le moine, éd. A. et C. Guillaumont, SC 170-171, Paris 1971.
Prière
Traité de la prière =- De oratione, PG 79, 1165 A -1200 C.
Schol. ad Eccl.
Scholies à l'Ecclésiaste (éditées ici).
Schol. ad Prov.
Scholies aux Proverbes, éd. P. Géhin, SC 340 (v. a III).
Schol. ad Ps.
Scholies aux Psaumes, éd. préparée par M.-J. Rondeau', qui a mis â notre disposition sa collation du
Valicanus graecus 754.
Skemmala
Réflexions, éd. Muyldermans, Evagriana, p. 38-44 (v.
11I).
1 Nous avons adopté une numérotation continue des chapitres (de I à 43) qui suit. pour la première partie (ch. 1-21) la division du Paris& nus gr. 1056 et pour la seconde partie (ch. 22-43) la division de l'éd. Muyldermans. A. et C. Guillaurnont, en collaboration avec P. Géhin, préparent l'édition de ce traité.
2. En attendant l'édition critique de M.-J. RONDEAU1 on peut toujours se reporter au catalogue placé à la fin de son article, @Le Commentaire sur les Psaumes d'Évagre le Pontique», Orientafia Chrishann Periodica 26 (1960), p. 307-3-48. Il regroupe tous les membra disfecia fournis par les éditions de Be La Rue et de Pitra (p. 328-348). Au ch. III de ses Cornmentaires du Psautier (p. 203 s.), M.-J. Rondeau apporte des compléments d'information.
OLYMPIODORE
'onnentar i iciEcclesiasien, PG 93, 477-628.
IL Autres Commentaires de I'Ecclésiaste
Catena Hauniensis
Catena Hauniensis in Ecclesiasten in qua suepe eaegesis
servalur Dionysii Alexandrini, éd. A. Labate, CCSG 24,
Turnhout-Louvain 1992.
Catena triant Palrum
Anongnius in Ecclesiasten Commenlarius qui dicitur
Catena /ritel Pairwn, éd. S. Lucà, CCSG 11, Turnhout‑
Louvain 1983.
DIDYME
Commentaire sur l'Ecclésiaste découvert dans les
papyrus de Toura Didyrnos der Blinde. Koentnenlar
zurn Ecclesiasles (Tura Papyrus) ; Teil I. 1 : Kornmen‑
lar zu col. Kap. 1, 1 - 2, Papyrol. Texie und Abhandl.
25, Bonn 1979, éd. G. Binder- L. Liesenborghs;
Teil II : Kap. 3 - 4, 12, PTA 22, Bonn 1977, éd.
M. Gronewald; Teil III ï Kap. 5-6, PTA 13, Bonn
1970, éd. J. Kramer - L. Koenen ; Teil IV : Kap. 7 - 8,
8, PTA 16, Bonn 1972, éd. J.Kramer- B. Krebber ;
Teil V Kap. 9, 8 - 10, 20, PTA 24, Bonn 1979, éd.
J. Gronewald ; Teil VI Kap. 11-12, PTA 9, Bonn
1969, éd. G. Binder- L. Liesenborghs. - Pour des rai‑
sons de commodité, tous nos renvois sont faits au
volume 50 de la Bibliolhékê Hellénôn Palerôn kai eale‑
siaslikôn syngrapheôn (ri.Lialisé par E. D. riekulsoulas et
K. G. Papachristopoulos), Athènes 1983, p. 177-403,
volume qui reprend l'édition de Bonn.
GRÉGOIRE DE NYSSE
In Ecclesiasten Homiliue, éd. P. Alexander., Gregorii
Nysseni Opera, t. V, Leyde 1962, p+ 19b-442, en atten‑
dant l'édition F. Vinel, à paraître prochainement dans SC.
JÉRÔME
Cornmenlarius ici Ecciesiasten, éd. M. Adriaen, CCSL
72, Turnhout 1959, p. 248-361. PROCOPE DE GAZA
Catena in Ecclesiasten, éd. S. Leanz3, CŒG 4, Turn‑
hout-Louvain 1978, p. 1-50 ; CCSG 4 Suppl., 1983 (Un
nuovo lestimone della Catena sull'Ecclesiasie di Procopio
di Gaza, il Cod. Vindob. Theol. Gr. 1471
Livres et articles
BALTHASAR, « fliera»
H. LORS VON BALTHASARp a Die Niera des Evagrius Pon‑
tikusxb, Zeilschrifl f i r kalholische Theologie 63 (1939),
p. 86-106 et. p. 181-206 (p. 203-204 der Prediger-Korn‑
rnentar).
CPG
Clavis Pairum Graecorurn (M. Geerard), ÇC, Turnhout.
Vol. III (1979) : A Cyrillo Ales. ad lohannern Damase.;
vol. I (1980) Concilia, calenae,
FAULHAEER
M. FAULHABEB, Hohelied-Proverbien-und-Prediger‑
Catenen (Theologische Studien der Leo-Gesellschaft 4),
Vienne 1902, p. 139-166.
FIELD
Origenis Hexapta, Oxford 1875 (réimpr. Hil‑
desheim 1961).
FRANKENBERG
\V. FRANKENBERG, Evagrius Ponlicus (Abhandlungen
der Kôniglichen Gesellschafl der Wissenschaflen zu Gât‑
lingen, Philo1.-hist. Klasse, Feue Folge, Bd. XIII, 2),
Berlin 1912. Le texte syriaque est accompagné d'une
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GÉHEN, a Un recueil d'extraits patristiques»
P. GÉH1N, «Un recueil d'extraits patristiques les Mis‑
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Sinaiticus gr. 461)», Revue d'Histoire des Textes 22
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Psautier (ire- siècles). Vol. I Les travaux des Pères
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A Parisinus Coislinianus .193, xic siècle.
· luiron 555, mye siècle.
B : Première série de scholies, 13' : Deuxième série de scholies.
E Vatican us 9r. 1694, année 1203. E2 : Doublet de E.
H Arnbrosianus A 148 inf., xe siècle. Doublet de IL T Valicanus Barberinianus gr. 388, xttle siècle.
Texte de l'Épitomé de Procope
K Vindobonensis iheol, gr. 147, Xie et xlle siècles.
M Marcianus r. 22, 'une siècle.
N hiron 876, mye siècle.
T2 Doublets du Barberinianus gr. 388, 'une siècle.
N. B. — Dans l'apparat du texte original, le signe 1 indique le début des variantes critiques du texte proprement dit de la scholie.